11.11.2020

Quel est le meilleur pot de yaourt pour la planète ?

Aujourd’hui, un français consomme à lui seul 168 pots de yaourt chaque année. A l’échelle de la planète, cela représente 14 910 000 000 kg par an, soit une consommation de 473kg par seconde ! Mais que faire de nos milliards de pots consommés chaque année ? Peut-on se passer du plastique pour ces emballages ?

Peut-on recycler ses pots de yaourt ?

16 milliards de pots de yaourts ou produits laitiers frais sont consommés chaque année en France mais seulement 30% de ces emballages peuvent aujourd’hui être triés.

Les pots de yaourt sont aujourd’hui majoritairement constitués de polystyrène, un plastique issu de la pétrochimie, non-renouvelable et non biodégradable. Par nature recyclables, ces pots ne le sont que très peu en réalité, pour plusieurs raisons :

70% des Français ne peuvent pas trier leurs pots de yaourt

En effet, seulement 30% des Français sont actuellement autorisés à mettre leurs pots de yaourt dans la poubelle jaune. Les autres doivent les jeter avec leurs ordures ménagères qui sont vouées à être incinérées. Ces 3 Français sur 10 vivent dans les régions qui testent de nouvelles manières de recycler les plastiques.

Un plastique friable qui pose problème au moment du traitement

Ce plastique spécifique est très léger et également cassant, ce qui permet par exemple de détacher un yaourt de son lot en le rompant. Mais sa friabilité pose problème : lors du ramassage des déchets, les pots peuvent se casser en de minuscules particules les rendant impossibles à traiter par les machines de tri et lorsque le pot de yaourt est jeté dans la nature, ces mini particules accroissent également la pollution des eaux marines…

L’habillage des pots et l’opercule compliquent également le tri

Notre pot de yaourt est en effet également composé d’éléments qui font de lui un objet multi matériaux : habillé d’une étiquette (soit en papier, soit dans une autre résine) et d’un opercule (aluminisé ou non), ce qui peut l’empêcher d’être identifié par les machines de tri optique.

Quand bien même le polystyrène parvient bien aux usines de retraitement, son recyclage donne un matériau de moins bonne qualité que le matériau original.

En effet, ce nouveau plastique ne peut plus être au contact d’aliment, et ses autres débouchés restent restreints : il sert à confectionner des cintres, des pots de fleurs ou des emballages dans le BTP par exemple.

Produit phare de notre quotidien, encore peu recyclé, le pot de yaourt pose donc un problème majeur à l’échelle de notre planète. Même s’il est apprécié par les industriels pour son coût et sa facilité de mise en œuvre, l’enjeu est aujourd’hui considérable pour ces derniers qui veulent répondre aux exigences environnementales des consommateurs (le Groupe Danone a d’ailleurs pris l’engagement de ne plus utiliser de polystyrène pour l’emballage de ses pots de yaourt dès 2024 en Europe, et à l’horizon 2025 au niveau mondial). D’autant qu’une loi européenne* va les obliger à créer des plastiques entièrement réutilisables ou recyclables d’ici 2030. Alors quelles alternatives s’offrent à eux ?

1/ Le pot de yaourt en verre

yaourt recyclable en verre

Si le verre est autant plébiscité dans l’opinion publique écologique, c’est parce que pour être fabriqué, il n’a pas besoin de beaucoup de matières premières et qu’elles ne proviennent pas de dérivés du pétrole. Le verre est généralement fait de sable, de carbonate de soude et de calcaire. L’autre grand avantage, c’est qu’il est plus facilement réutilisable que le plastique ou le carton mais surtout qu’il est recyclable à l’infini.
Cependant sa fabrication consomme beaucoup d’énergie, y compris lorsqu’il s’agit de le recycler…

Un processus de fabrication et de recyclage très énergivore

  • Pour fabriquer le verre, il faut chauffer les fours à 1 565° Celsius afin de créer du verre en fusion, puis le refroidir, le couper en sections pour le placer en machines de fabrication afin de le fondre pour qu’il prenne sa forme finale. Il faut ensuite le cuire une nouvelle fois dans une arche de recuisson et de nouveau le refroidir pour le renforcer.
  • Concernant son recyclage, une fois placé dans les containers de tri, le contenant en verre est brisé, réduit à l’état de calcin avant d’être refondu dans un four à 1 500° C afin de redevenir une nouvelle bouteille, un nouveau petit pot, … D’après l’analyse de vie réalisée par Bio Intelligence Service*, le recyclage du verre requiert d’importantes consommations d’énergies et entraîne de nombreuses émissions de CO2 qui ne sont pas compensées par son fort taux de recyclage.

Un transport à fort impact sur toute la chaîne jusqu’à la filière de recyclage

Parce que c’est une matière fragile, il est délicat d’empiler des pots de yaourt en verre, cela nécessitera donc plus de camions mais également plus de protection afin de ne pas les briser pendant le transport.

Parce que c’est également une matière lourde il faudra également plus de camions pour transporter du verre que pour un nombre équivalent de produits emballés en carton ou plastique car le verre est bien plus lourd. Si 1 pot de yaourt vide en plastique pèse environ 4,5g, 1 pot de yaourt vide en verre pèse environ 110g (c’est 24 fois plus lourd !).

Même si le verre a beaucoup de qualité, ce n’est donc pas la solution miracle en matière d’écologie

2/ Le pot de yaourt en carton

recyclage pot de yaourt en carton

L’emballage carton est écologique pour deux raisons : il est biodégradable, ce qui lui permet de vite être détruit dans la nature, mais il est également recyclable. Les fibres de bois, appelées cellulose, sont récupérées pour recréer d’autres cartons, du papier ou des panneaux dérivés du bois pour faire des meubles.

Avec l’interdiction de donner des sacs plastiques aux clients, l’emballage en carton a su revenir en force dans la plupart des magasins ces dernières années. Parce qu’il est léger, son usage s’est également multiplié pour faciliter le transport et la protection des marchandises en tout genre.

Pour autant, les pots de yaourt en carton sont rares

Interrogée dans un article***, Véronique Fabien-Soulé, de Syndifrais (le Syndicat National des Fabricants de Produits Laitiers Frais) déclarait : « C’est très marginal, il n’y a qu’un seul fabricant de pots en carton en France, ils sont utilisés pour des produits assez chers, mais ce ne serait pas possible de généraliser à la grande consommation ».

Des fonctionnalités qui ne se prêtent pas au conditionnement de produits laitiers

Les pots en carton qui servent à conditionner des produits laitiers ne sont pas 100% en carton, et ce pour plusieurs bonnes raisons : le simple carton ne supporterait pas l’humidité des produits, et il serait également impossible d’y faire tenir des opercules.

Aujourd’hui, tous les pots en cartons adaptés à des yaourts sont donc des multi-complexes puisqu’ils sont tous enduits d’un PE (Polyéthylène) ou de paraffine pour assurer une barrière à l’humidité. Comme pour les pots en verre, parce qu’ils ne sont pas mono-matières, ils sont plus difficiles à recycler. Même en les plaçant dans des containers de tri, ils finiront par être incinérés ou enfouis.

3/ Le pot de yaourt en plastique végétal compostable

recyclage pot de yaourt plastique compostable

Lorsque l’on commence à adopter des comportements plus respectueux de notre planète, un de nos premiers réflexes est de fuir le plastique. S’il est indéniable que la fin de vie de la plupart des matières plastiques est une réelle menace écologique, ce matériau peut néanmoins présenter de nombreux avantages qui vont, sur certains aspects, alimenter le constat que le plastique peut être écologique :

  • il permet de créer des emballages protecteurs qui prolongent la durée de conservation ;
  • il est pratique et facilement manipulable ;
  • il coûte peu cher à produire, ce qui permet également de réduire le coût d’achat d’un produit pour les consommateurs ;
  • il est très léger et donc facilement transportable : une des solutions les moins carburavores ;
  • il est facilement empilable et nécessite donc moins d’espace de stockage.

Voilà pourquoi les industriels du secteur optent encore majoritairement pour des pots de yaourt en plastique. Et s’il s’agissait finalement de repenser la fin de vie du pot en plastique pour pouvoir conserver ses attributs techniques, tout en respectant l’environnement ?

Il y a « plastique », et « plastique » 

Il existe en effet de nombreuses familles de plastique, parmi elles on retrouve la famille des bioplastiques. Le terme bioplastique désigne des matériaux de deux types : d’une part, de matières plastiques biosourcées (issues de la biomasse) et, d’autre part, de matières plastiques biodégradables (dont compostables), qui peuvent être issues de ressources fossiles (réactions pétrochimiques). Un plastique biosourcé est donc fabriqué à partir de sources végétales comme le blé, le maïs, la canne à sucre, la pomme de terre, … parce qu’ils sont moins polluants que les matières plastiques issues de ressources fossiles, et parce que certains sont également biodégradables, ils tendent aujourd’hui à se positionner comme une des alternatives majeures dans la lutte contre la pollution plastique.

En effet, afin de « limiter le suremballage et l’utilisation du plastique à usage unique », la Convention citoyenne a notamment proposé en juin 2020 de favoriser « les emballages biosourcés et compostables ».

Le PLA : un bioplastique biosourcé ET biodégradable

Dans la famille des plastiques biosourcés, le PLA ou Polylactic acid (Acide polylactique) présente l’avantage d’être à la fois biosourcé (issu de ressources renouvelables telles que le maïs ou la canne à sucre), et biodégradable, compostable en conditions industrielles

Plusieurs marques engagées ont donc déjà opté pour le PLA pour leurs pots de yaourt. C’est le cas de la marque Les 2 vaches, qui explique ici son choix : Des pots de yaourt en PLA pour Les 2 vaches.

La seule limite du PLA : sa compostabilité

Si le PLA est compostable, la durée de sa biodégradation ne lui permettait jusque-là de l’être uniquement en conditions industrielles. Un inconvénient qui vient de disparaître grâce à Evanesto®, le seul additif qui permet d’accélérer la désintégration du PLA afin qu’il soit plus rapidement assimilé par les micro-organismes du compost (sans résidu ni toxicité), et qui rend ainsi les plastiques d’origine végétale compostables, même de chez soi.

Le meilleur pot de yaourt pour la planète !

Avec Evanesto®, nos pots de yaourt deviennent donc compostables de façon universelle. On conserve ainsi tous les attributs techniques qui font du plastique un matériau très pratique, en lui offrant (opercule inclus !) une fin de vie respectueuse de l’environnement.

Innover dans la production des bioplastiques compostables, c’est apporter une solution complémentaire au recyclage, en proposant une fin de vie respectueuse pour l’environnement à des plastiques fins, multicouches ou souillés non recyclables.

 

* Directive (UE) 2019/904 du Parlement Européen et du Conseil du 5 juin 2019 relative à la réduction de l’incidence de certains produits en plastique sur l’environnement.

** Synthèse de l’Analyse de Cycle de Vie comparative des emballages de Tetra Pak, Bio Intelligence Service, 2008

*** LE CASSE-TÊTE DU RECYCLAGE DES POTS DE YAOURT, Nina Godart, BFMTV, publié le 12/04/2019 à 6:56  | MAJ à 14:20

11.11.2020

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